PHOTOGRAPHES
Hans Withoos
PORTRAIT

La carrière de Hans Withoos s’étend sur plus de vingt ans, une période pendant laquelle il a combiné son travail commandité, professionnel et son travail plus personnel. Après des études à l’Académie des Arts, il monte avec sa partenaire, Jolanda Cats, une entreprise spécialisée dans la mode, la photographie et la vidéo publicitaire. Leurs clients allant de la grande d’entreprise à des organismes à but non lucratif. Bien que très reconnu à l’international par son travail commercial, il est aussi prolifique dans son travail plus indépendant et personnel, réalisant de nombreuses séries au fil des ans, situées pour la plupart dans des lieux et villes chargées de romantisme et reconnaissables dans le monde entier.
 
La photographie de Hans se situe entre le monde de l’abondance et de l’artifice, comme l’odeur de décadence d’une nuit étoilée, un monde à la fois familier et différent. Dans les scènes exagérées de Hans, les figures se pressent et les images deviennent des archétypes, pendant que le spectateur est submergé par un sentiment d’aliénation. Le travail est multicouches, mis en scène par l’esthétique idiosyncrasique. Parfois, ses photographies évoquent des émotions liées à la souffrance, à la sensualité et à l’oppression cachée, d’autre fois les images montrent le contraire et sont délibérément impassibles. Ses scènes paraissent figées, implacables comme si le photographe lui-même ne capturait plus l’instantané, mais l’âme et toute la dimension humaine de ses personnages. Et par cela même, ces protagonistes deviennent des objets inanimés, des figures pétrifiées, bercées par la lumière et le néant.
 
Hans est un narrateur. Parfois, l’histoire est déjà soigneusement conçue, mais souvent elle pousse, elle croît comme entité indépendante, comme un organisme. La plupart de ces histoires ont une dorure romantique, mais derrière cette façade il y a un thème plus graveleux. Ses images ne sont pas la critique de quoi que ce soit, mais plutôt un observatoire, où il appartient au spectateur de se faire sa propre interprétation.

INTERVIEW EXCLUSIVE NORMAL - PRINTEMPS 2014

Ce qui t’inspire dans le corps masculin ?
Le corps masculin a tellement de chose à dire et à révéler. Il peut être vulnérable, parfois puissant et fort, mais parfois faible et vicieux. Et cela m’inspire dans chacune de ces inclinations. J’aime toutes les sortes de corps masculin d’ailleurs. Si je vois un corps d’homme, je vais chercher cette histoire sensuelle et singulière à ce corps, ce que ce corps va pouvoir me conter et me dire. Pour moi il ne s’agit pas de muscles, d’athlètes et de simple beauté physique. Je pense que tous les hommes sont attractifs d’une certaine façon. Et dans mes images j’essaye de montrer cela. Chaque corps masculin raconte sa propre histoire.
 
Quelle est la différence pour toi entre un modèle masculin et féminin ?
Quand je shoote, je réalise que mes modèles masculins ont tous des émotions diverses et variées mais souvent liées à la sexualité. Au contraire des modèles féminins qui peuvent avoir un panel de différentes émotions, mais elles ne montrent pas forcement de sexualité. Dans mon travail, vous voyez de la nudité masculine assez fréquemment.
 
Comment choisis-tu tes lieux de shooting ?
Parfois je choisis les lieux parfois c’est eux qui me choisissent. J’ai de nombreux souvenirs des beaux endroits, quand j’en vois un je l’épingle sur un carte digitale sur mon PC. Parfois quand je voyage ce sont les lieux qui me choisissent dans ce sens où certains endroits veulent raconter leur propre histoire, alors je fais de même. D’un autre côté, si un shooting de mode nécessite un thème spécial avec un lieu spécial, je cherche le bon endroit. Tous les endroits peuvent me surprendre et généralement ils dégagent de nombreuses possibilités. J’essaye d’ailleurs d’utiliser les éléments que le lieu a à m’offrir. Dans la photo « Hôtel de Nice », (page 61) l’idée était un type vulnérable, misérable qui devient incontrôlable après un rendez-vous raté. Et puis, j’ai vu cette croix clouée au mur et immédiatement ce type n’était plus un symbole païen mais une représentation de Jésus. J’adore mettre de nombreux éléments cachés dans chacune de mes images. Du coup : le lieu fait l’image.
 
Une anecdote amusante lors d’un shooting ?
 
 
- Retrouvez la suite de cet entretien en consultant Normal N°4 et Normal N°7 
 
 
Mon travail est mon amour et ma passion : mes yeux, ma tête mon corps… C’est quelque chose qui rempli tous mes besoins. "

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