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ANDREW LUCAS

AUTO-PORTRAIT POUR NORMAL

"J’ai eu beaucoup d’emplois différents dans divers secteurs avant ma première exposition publique il y a quatre ans. J’ai toujours beaucoup de sentiments et de ressenti quant à cette exposition. Même encore maintenant je continue d’afficher ou de poster sur le net la collection de l’exposition. Mais ça ne veut pas dire que je considère mes meilleures photographies comme la photo unique, celle que je ferai demain. Je les adore comme si elles étaient mes enfants, une image est une réussite seulement grace à une connexion. C’est lorsqu’il y a un plaisir esthétique de l’œil que l’image est sublime, non pas le vulgaire désir du modèle, et surtout quand je fais du nu. Le corps féminin a été une source d’inspiration pour toute l’humanité par ses exploits ou ses transgressions héroïques : quelle nouveauté peut on y ajouter ? Je ne suis qu’un grain de sable dans la dune. Et moi aussi je suis sujet aux lois de la gravité. Au delà des photographies de nu et les clichés stylisés, j’aime les paysages et les photographies sous-marines. Je peux contempler un chef d’œuvre photographique pendant des heures, comme des enfants salivant d’admiration et d’envie. Beaucoup de mes œuvres sont très loin du nu. Je ne les cache pas, mais par fatalité, elles ne font pas partie du devant de la scène. Mes travaux génèrent des points de vue différents, notamment de professionnels réputés. Ce que j’entends pas là, c’est que la question de mon style suscite beaucoup de commentaires et de critiques. C’est leur mission : tenter de me caractériser et me définir comme un sujet de démarche artistique par rapport aux courants artistiques contemporains. Mais je ne cherche pas à m’adapter et surtout pas à quelqu’un. Je n’ai pas de ligne de conduite. Je peins, je dépeins la femme. Je la montre, peut être, d’une manière provocatrice et inattendue.

Mais elle est également le fruit, le produit de notre société. Elle EST sans ses artifices, ses codes et ses valeurs. Et c’est pour cela même que dans mon travail, elles sont vivantes et brillantes. Une femme nue ne veut pas dire qu’elle est ouverte, disponible, dans le sens vulgaire du terme. Elle m’inspire et je fais partager cela au spectateur. Oui, je donne à l’observateur la magie de l’illusion, mais je ne mens pas, je ne trompe pas. Peut être est-ce cela, mon approche de la photographie et mon style ? Une photographie ne peut être ni le résultat, ni le commencement d’une longue histoire. Je ne suis pas un professionnel. Et je ne fais rien qui s’en rapproche. Tout ce qui ressort dans ma photographie, est le résultat des hauts et des bas dans ma vie, qui a sa propre échelle, sa dynamique et sa direction. Ce n’est pas compliqué de faire une photographie. Mon oeuvre est le reflet de mes orientations sexuelles, si cette déclaration ajoute quelque clarté ... Rien ne part du vide. Même si nous ne pouvons pas verbalement caractériser ou expliquer quelque chose, l’inconscient œuvre et réagit à nos aptitudes, notre éducation et notre sentimentalité. Ce travail est une semence dans un sol fertile. Si les ingrédients sont réunis vous aurez une culture. Il faut du temps et de l’instinct, et des humeurs, même fugaces et vous pourrez offrir au spectateur votre histoire, qui se reflétera en lui et il en fera sa propre interprétation."

- Retrouvez la suite de Andrew Lucas dans Normal Magazine n°2 -

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