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DAVID BAILEY

PORTRAIT

D avid Bailey bouscule les conventions et les traditions de la photographie. Il aime l’épuré, l’authenticité, le pris sur le vif. Son approche est personnelle, singulière. Il vit son métier comme une passion, un moyen d’exprimer sa volonté, ses désirs, ses fantasmes.

L’enfant terrible de la mode est né à Londres, en 1938. Photographe autodidacte, il instaure dès sa reconnaissance, un bouleversement dans la photographie de mode et dans la publicité par une approche intimiste. Ses modèles sont de vraies femmes qui se revendiquent comme telles, fières, et non plus considérées comme simple porte- vêtements. Il est, souvent à tort, tenu pour un photographe de mode en raison de son association avec Vogue. Son travail plus personnel inclut le paysage, le reportage et les nus ; une approche de la photographie fortement influencée par le cinéma et les documentaires.

En 1948, il tombe sur une photo en noir et blanc représentant une femme en prière, signée Henri Cartier-Bresson. Il acquiert alors un appareil photo argentique. Cette photographie, la découverte de Stravinsky et de Picasso, marqueront un tournant dans le choix d’un parcours artistique. « J’ai vu un Picasso dans Look magazine, lorsque j’avais dix-sept ans. Je ne savais pas ce qu’était une œuvre d’art avant cela, et cela m’a enthousiasmé. Si je n’ai jamais eu un semblant de révélation dans ma vie, cela en fut une. Picasso m’a montré qu’il n’y avait pas de règles. Une roue de bicyclette ne doit pas être nécessairement ronde. Il avait une inventivité visuelle simple, jamais compliquée, jamais prétentieuse. C’est ce que je m’efforce d’exprimer dans mes photographies, la simplicité. »

 

Après avoir postulé auprès de magazines et de photographes, David Bailey devient en 1959 assistant photographique au studio John French et, en mai 1960, photographe pour John Cole, avant d’être engagé à 22 ans comme photographe de mode pour le magazine britannique Vogue. Une image pour le Daily Express représentant Paulene Stone, à genoux un écureuil à la main, et shooté en studio, est le signe annonciateur du talent créatif de Bailey. Cette image marque le début d’une rupture avec les standards de l’époque. Il obtient rapidement sa première couverture pour Vogue en février 1961. En un an, il shoote 800 pages d’éditorial pour Vogue, une ascension fulgurante.

 

1966, Michelangelo Antonioni, célèbre réalisateur italien, s’inspire de David Bailey dans son film Blowup, qui décrit la vie surréaliste d’un photographe de mode londonien.

 

David Bailey immortalise John Lennon, Paul McCartney, George Harrison, Yoko Ono, ou les Rolling Stones, puis signe la couverture de l’album The Who. Il capture le portrait de nombreuses célébrités, Mia Farrow, Brigitte Bardot, Catherine Deneuve, Peter Sellers ou Michael Caine, ou plus récemment Kate Moss, Naomi Campbell.

Bailey est également l’auteur de plusieurs publicités télévisées et documentaires. De 1968 à 1971, il réalise et produit des documentaires télévisés intitulés Beaton, Warhol et Visconti. En 2001, il reçoit la distinction de Commandeur de l’Empire britannique.

 

 

Pour cette interview, nous avons rencontré le Maitre dans son studio londonien. Aujourd’hui, à 80 ans, David Bailey est toujours actif et créatif. Il continue la photographie, il peint, il sculpte… C’est le reflet d’un monde, d’une époque, le portrait d’un homme attachant, perspicace, honnête, drôle et novateur.

INTERVIEW EXCLUSIVE

Vous considérez- vous comme un photographe, un portraitiste, un artiste ?

Aucun des trois. Je n’apprécie pas particulièrement la photographie. C’est juste un moyen d’expression, un medium. C’est exactement comme un pinceau. Je n’aime pas non plus les appareils photos, mais ce sont des outils avec lesquels je peux m’exprimer, ce ne sont que des outils.

 

Qu’est-ce qui vous séduit dans une modèle ?

Tout le monde est différent donc c’est à vous de trouver ce qui vous plait chez quelqu’un ! Et vous devez le faire avant de photographier la bonne personne. Les acteurs sont justement difficiles à photographier car ils sont toujours en train de jouer la comédie. Mais j’aime tout le monde, j’aime les maçons, les vendeurs de glace, les poètes … Tout le monde !

 

Vous aimez déstabiliser les gens ?

- Retrouvez la suite de l'interview de David Bailey dans Normal n°11 -