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EVELYN BENCICOVA

PORTRAIT


« Je façonne une fiction fondée sur la vérité. La photographie est une narration où vous êtes capable d’inventer votre propre réalité. Je ne prends pas des photos, mais je fais des photos qui reflètent ma conception du monde. La photographie est juste un moyen. La photographie n’est pas tant pour moi la chose que je veux montrer, mais c’est la manière, la façon de montrer les choses qui importe. Le processus et création est long et souvent compliqué. La plupart du temps, je suis tellement absorbée par l’idée que l’ensemble du processus est devenu une partie essentielle de ma vie, et de ma survie (Rires). Il y a quelque chose, ce qui me traîne vers l’avant si intensément qu’il devient le plus important de mes besoins vitaux. Ce processus comprend le développement du concept, la recherche, la production, la direction artistique, le casting et la recherche des lieux, le stylisme, les cheveux et le maquillage ainsi que l’organisation entière et de la communication tout autour. Tout est important. Normalement, je travaille sans budget dans des conditions d’improvisation totale. Je crois que la plupart de la créativité naît de l’inconfort et du manque de ressources, lorsque vous êtes obligé d’inventer de nouvelles solutions. »
 

INTERVIEW EXCLUSIVE

Quels sont tes critères de beauté ?

Ma définition de la beauté est aussi fluide que ses critères. Elle évolue avec le temps et avec les gens qui rentrent dans ma vie. Tout cela contribue à redéfinir ce que j'estime être important ou visuellement attrayant. La perfection ne m'intéresse pas. Je préfère une beauté inhabituelle. Quelque chose de plus que visuel. Des gens avec du caractère et des lieux chargés d’histoires. Et c’est une recherche constante, vous devez les recherchez, et recherchez là où personne ne regarde. Voire plutôt le sentir. Je suis souvent guidée par mon intuition. Certains visages ne peuvent pas être oubliés, et certaines personnes restent dans ma tête et j'ai besoin de les revoir davantage. Shootez cela, ça m'intéresse. Apprenez à les connaître, parfois uniquement à travers l’œil de l’objectif, mais le plus souvent, la manière la plus intime devient la meilleure. J'ai souvent entendu que je cherchais à photographier des gens laids pour repousser les limites de la beauté. Ce n'est pas vrai. Je considère tous mes modèles absolument magnifiques. C'est mes goûts qui ne correspondent pas à ces limites et à cette norme générale.

 

Qu’essayes-tu de montrer à travers ces photographies ?

Ca diffère d'un projet à l'autre. Je traite de nombreux sujets et le résultat est généralement le fruit de mon point de vue sur les questions qui m'intéressent. La photographie est pour moi le moyen de poser des questions plutôt que de donner les réponses. Je cherche à aller au-delà des choses, et le plus profondément possible dans mes projets.
 

 

Quelles sont tes principales influences en matière d'art, de musique, de littérature et de cinéma ?

J'ai étudié les beaux-arts et, de toute évidence, mon travail est plein de références qui fusionnent librement, parfois assez inopinément. Tout ce que nous créons est influencé par des choses que nous avons vues, entendues ou expérimentées. C’est la façon dont nous percevons tout cela qui rend les choses intéressantes et stimulantes. Les gens, qui nient ça en croyant dans leur propre originalité, n'ont tout simplement pas la connaissance du contenu existant et du processus créatif lui-même. Il n’y a rien de mal et de vide à créer de nouvelles choses de choses déjà existantes. C'est ce qu'on appelle d’ailleurs l’inspiration.

- Retrouvez la suite d'Evelyn Bencicova dans Normal Magazine n°1 et n°9 -