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GARY BRECKHEIMER

PORTRAIT


Après trois décennies de travail dans l’univers de la photographie commerciale, Gary fait la transition de la mode vers les Beaux-Arts, et développe une propension à l’imagerie noir et blanc. Il se concentre sur la juxtaposition de la beauté : rendre perceptibles les formes féminines contre et dans un environnement industriel et préfabriqué. Son intention est de permettre aux spectateurs de contempler la relation de l’homme et son environnement urbain. Nous retrouvons des éléments de l’inattendu, combinés à la solitude, qui reflètent tout l’érotisme dans son travail. En tant qu’artiste, son objectif est de créer des photographies dans lesquelles l’histoire et le sens ne sont pas immédiatement évidents. L’idée est de prendre des photos qui attirent le spectateur et l’entraînent à un examen plus approfondi afin que sa vision de la relation entre l’homme et la sexualité, puisse engendrer des conclusions infinies.

INTERVIEW EXCLUSIVE

Ton travail, en quelques mots ?
Mon travail révèle une sensualité exacerbée. La femme nue est vulnérable dans son exhibition. Elle affronte le monde environnant et sa dureté avec une force personnelle. Etre nu est bien plus profond qu’être simplement dépourvu de vêtements. Cela nous amène au regard critique de la société, et ma femme type saisit ce défi en le revendiquant audacieusement. J’aime les courbes et les lignes architecturales, et j’aime les associer à des sujets féminins qui prennent une pose parfois macabre, parfois intime qui nécessite toujours d’être décodée.

Comment choisis-tu les lieux ?
Le choix du lieu est souvent une question de recherche rigoureuse et intensive. J’y passe des journées entières, et chaque fois je me rends compte que ce sont plus que des lieux. Je dois prendre en considération la lumière, les textures. L’heure du jour est également un facteur déterminant. Je dois également être sûr de pouvoir le faire ! À quel moment réalises tu tes shootings ? Visiblement, très tôt… Oui, j’aime quand le soleil est au plus bas dans un ciel couvert et parfois pluvieux.

Quelles sont les réactions les plus courantes des passants durant un shooting ?
La plupart du temps, les gens attendent la fin du shooting, ils applaudissent et nous remercient pour avoir ensoleillé leur journée !

J’imagine que tu as eu quelques démêlés avec la police ?
Oui, plusieurs fois. Le plus mémorable, c’était à Beverly Hills, en Californie. J’ai commencé à faire une photo en face du commissariat central de Beverly Hills. Juste après on a commencé à se préparer pour la prochaine à quelques mètres de là. C’est alors que quatre voitures de police sont sorties de nulle part ! Gyrophares, portières qui s’ouvrent en un éclair et huit policiers en sortent, pistolets à la main. Intense. Je pensais que cette fois j’étais bon pour le poste. Ils nous ont séparés et nous ont demandé ce que nous faisions. J’ai donc dit spontanément aux quatre policiers autour de moi qui j’étais et ce que je faisais en laissant de côté la partie « nu ». Puis l’un d’eux m’a alors demandé si la modèle avait quelque chose sous son manteau. J’ai souri et répondu «rien». Après identification et beaucoup de questions, ils nous ont enlevé les menottes et dit : « si nous recevons un nouvel appel à votre sujet , vous allez en prison.» Apparemment, ils n’étaient pas en très étroite collaboration avec le policier qui m’a arrêté le lendemain !

Une névrose ?
L’irrégularité et la variabilité des lignes d’horizon de mes images. Je les ajuste continuellement de bas en haut, de haut en bas …

- Retrouvez la suite de Gary Breckheimer dans Normal Magazine n°6 -

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