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NICHOLAS FOLS

INTERVIEW

Pouvez-vous décrire votre style photographique en trois mots ?
Mystérieux, romantique, mélancolique. Je crois que mes photos flottent dans une dimension intemporelle sans espace et sans loi.

Etre jeune est-ce un avantage ou un inconvénient ?
Cela dépend, malheureusement. L’Italie n’est pas encore prête pour les jeunes, en particulier les directeurs de la photographie, c’est pourquoi je fais tout moi-même. Personne ne m’a aidé. Dans d’autres pays, la mentalité est différente ; de nombreuses agences aident les jeunes talents et leur préparent le chemin. Ici, malheureusement, si vous êtes jeune, vous n’êtes pas considéré et vous devez donc le faire seul.

Le modèle est-il le point de départ d’une photographie ?
Oui, absolument. Je prends surtout des femmes en photo et chaque femme que je shoote a une signification inconsciente et particulière pour moi, c’est pourquoi j’associe chaque modèle à une gamme chromatique, un lieu et une histoire où le sujet, la femme, devient plus qu’un modèle.

Qu’est-ce qu’un bon photographe pour vous ? Et qu’est-ce qu’un bon modèle ?
Un bon photographe est celui qui écoute ses voix intérieures ; il parvient à se libérer de la mode du moment et de toutes les images qui influencent chaque jour tout le monde. Il n’écoute que ce qu’il ressent. Un bon modèle, en revanche, ne doit pas penser à paraitre beau ou belle, mais doit se laisser emporter par la situation.

Votre qualité principale ? La pire ?
Ma grande qualité est la pureté avec laquelle je shoote. Je crois que mes photos sont très pures car rien ne les influence. Mon plus gros défaut est d’avoir beaucoup de difficulté à quitter émotionnellement mes projets photographiques. Les souvenirs sont parfois trop envahissants et trop intenses, cela peut être une force si c’est bien canalisé, mais pour le moment c’est davantage une faiblesse.

Que pensez-vous de la nudité ?
C’est un sujet qui me tient à cœur, la nudité est la base de beaucoup de mes photos. J’ai d’ailleurs moi-même une relation très proche avec la nudité. Je prendrais bien plus de nus, (presque tous mes projets photographiques, je les imagine nus) mais malheureusement avec Instagram, cela ne peut pas arriver. C’est vraiment ridicule que, en 2019, Instagram censure les photos nues. Certaines de mes photos ont été supprimées à trois reprises. Mon cœur pleure car, en raison de cette étroitesse de vue, je ne peux exprimer que 50% de mon talent sur les réseaux sociaux et ne peux donc montrer qui je suis vraiment !

Y’a-t-il des photos que vous regrettez ?
Non, parce que je crois que chaque photo fait partie de vous, celle que vous aimez tout autant que celles que vous n’aimez pas.

Qu’est-ce que la mode vous a apporté ?
De nombreux contacts d’affaires, mais je ne suis pas sûr que la mode me corresponde. Nous verrons bien !

Quel équipement photographique utilisez- vous ?
Nikon D810 avec deux objectifs, un fixe de 35 mm et un 24-70. Je pense acheter un 85 mm exclusivement pour les portraits.

Votre plus grande ambition dans la vie ?
Ma plus grande ambition est simplement de me souvenir des choses !

Quelle a été votre séance photo la plus difficile ?
Chaque séance photo exige des activités physiques contraignantes notamment les voyages, des moments éprouvants sur le plan émotionnel.

Quels sont vos critères de beauté ?
Mes critères de beauté sont liés à ma mère. Au début, je la cherchais parmi les femmes que je photographiais. Elles étaient toujours éthérées et délicates, tout comme elle. Maintenant, j’essaie de varier davantage !

Vos contes ou légendes préférés ?
Mon grand mythe et ma plus grosse influence est Lars von Trier. Tous ses films sont une grande source d’inspiration pour moi, mon préféré étant Melancholia, un chef- d’œuvre qui a tellement imprégné ma photographie !

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